13 août 2006
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07:16
Un arbre par ci, une forêt par là, à ce rythme là, que restera t il ? mais ça je l'ai déjà dit. Là nous sommes dans l'Est, près de Belabo, terminal bois de l'entreprise de chemin de fer Camrail, avec qui peut être je ferais un voyage bientot, qui sait ?

Triste spectacle.
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12 août 2006
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On se demande parfois si la grume pousse. Bon, le fait est que sur le bord des routes on en voit beaucoup de poser. C'est un peu la vengeance de l'arbre. Car une fois que le grumier a fini sa course de bien peu brillante façon dans un fossé ou en travers de la route, les grumes ne bougeront alors plus car aucun engin ne prend la piste pour les recharger. Donc, "frais divers", elles restent là.

Là elles sont tombées dans un village, à l'entrée de la barrière de pluie. On peut espérer que les villageois finiront par le débiter. D'autres fois cela se produit au milieu du grand nulle part, et là c'est perdu perdu.

Ainsi va la vie et la mort des arbres. Ils ne finissent pas forcément en planche ou bien dans votre salon, en meubles.
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11 août 2006
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07:41
Toujours cette question du croisement, bientôt je n'en parle plus. Mais c'est un tel stress que forcément cela laisse des traces au fond de l'esprit, et parfois on se surprend à trembler encore une fois le mastodonte passé. On essaye de se faire tout petit, mais bon, on est tout de même bien ridicule. L'avantage de la piste mouillée, c'est qu'il n'y a plus de poussière. Par contre la tenue de route, ben ce n'est pas forcément mieux ... Alors on apprécie de voir se lever à 10 mètres de haut un nuage de poussière annonçant l'arrivée d'un monstre.
Celui-là s'est lancé du haut de la côte, à lacher son frein, et advienne que pourra. Nous sommes resté en haut, à attendre qu'il arrive jusqu'à nous, en espérant que sa masse le freinerait suffisemment avant de nous atteindre. Angoisse garantie.
Dois je ajouter que vu la hauteur au dessus de la cabine, les planches tanguaient légèrement beaucoup ? Et voilà donc comment on reste sur la piste un jour de pas de chance.
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10 août 2006
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07:35
Pour être complètement honnète, il faut admettre que parfois la piste est large, et que même deux camions peuvent se croiser ... Mais bon, déjà, parfois, une voiture et un camion c'est limite, alors deux camions ... Dans le cas précis, il y en a un en panne. Bon, un peu dans le virage d'accord, mais au moins il est bien garé ...

Mais il est clair que lorsque vous en croisez un, il ne tient pas aussi bien sa droite. Par contre vous, vous avez plutôt intérêt ...
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9 août 2006
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07:30
Bon sans doute êtes vous désormais convaincu que la vie peut se raccourcir rapidement, il n'y a qu'à prendre la route de Bertoua ... Bon, le fait est aussi que parfois il faut doubler le camion ... et sur une piste, derrière un camion, ben on voit rien, y a le fossé à gauche, les trous devant, etc, etc, ....

Bon. C'est pas tout le temps que l'on doit doubler des camions. En fait, on finit par ne plus savoir si il est préférable de les croiser ou de les suivre ...
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8 août 2006
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07:22
Quand le camion arrive en face, peu de solution: se pousser. Sagement. On peut prier aussi. Mais pour se pousser, il faut aussi en avoir le temps. En saison sèche on voit le nuage de poussière arriver, on peut un peu anticiper, quoique quand la forêt est bien dense, on ne voit rien du tout ...

C'est quoi le sticker sur le pare brise ? "Pour un avenir sur: Fidélité - Abstinence - Préservatif". Soit. Mais peut être devrait il aussi changer de métier.
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7 août 2006
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07:14
Les malchanceux s'en sortent bien parfois. L'engin fait 34t ... les grumes auraient pu glisser vers l'avant, mais non, ce fût sur le côté ... Donc, le chauffeur a sauvé sa tête.

Ce qui est étonnant, c'est qu'il s'en sorte si bien.
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6 août 2006
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Je disais, il y a pire. Une fois les grumes livrées à destination, le grumier retourne chez lui, dans sa forêt, portant sur son dos sa remorque. Et comme je le disais, à priori il maitrise sa trajectoire, mais hélas, pas toujours, et surement pas tous les jours. Si la chance est là, alors vous n'êtes pas en train de le croiser à ce moment là, sinon, pas de seconde chance.

Pourquoi, comment ? Encore un grand mystère ... Mais on ne peut pas imaginer que la chance ne nous sourie pas, sinon, que ferions nous de nos jours ?
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5 août 2006
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07:59
La forêt camerounaise, j'en avais déjà un petit peu parlé. Elle part en planchette ou bien en gros troncs, mais elle part, en tous cas, il n'y a pas de doutes ... Y a une route, disons une piste, Yaoundé / Bertoua, axe majeur pour l'exploitation forestière sur laquelle transitent beaucoup de grumiers.
En fait deux possibilités: soit les arbres sont mis sur le train, à Belabo, direction Douala, soit ils restent sur des camions, toujours direction Douala. Je ne sais pas pourquoi l'un ou l'autre est choisi. En tous les cas, cela donne des pistes où le danger est permanent ...
La séquence des prochains jours va vous donner une idée du cauchemard que cela peut représenter. Dans le cas présent, tout s'est déroulé sur piste sèche, donc, la trajectoire du camion arrivant en face est à peu près prévisible. a peu près ...

Pourquoi, comment ? Mystère. Mais il y a pire.
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17 juillet 2006
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08:39
Port de Douala, près du pont de Bonaberi. La zone est un vaste complexe sportif sur lequel il n'y a pas moins de 10 terrains de foot. Une promenade aussi au bord du fleuve, pas forcément bien fréquentée, je ne sais pas, je n'ai pas tenté l'aventure. Pas très courageux, je le reconnais.

Telle que vous la voyez, la photo est recadrée par le Blog; dans l'album Cameroun Mer, elle est un peu différente. Les deux messieurs étaient en pleine discussion face à l'estuaire, regardant la ligne d'horizon que l'on perçoit parfois, mais ce jour-là le temps était clair. On imagine le rêve d'un départ, vers d'autres destinées, d'autres vies. Mais ça c'est dans la tête du photographe peut être seulement. La problématique des clandestins est une réalité que l'on touche du doigt à ce moment là néanmoins. Du Cameroun aussi partent des personnes en quête d'une vie qu'ils espèrent meilleures, et malgré les conseils (parfois) de leurs "grand frères" se jettent dans l'inconnu. Désespérés mais courageux.
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